28 août
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Lire la suite...Risque et comportement
La sécurité a trois composantes :
La sécurité intrinsèque de l’outil de production,
La maîtrise organisationnelle du risque,
Le comportement des opérateurs au travail.
Par ailleurs, l’expérience nous apprend que :
Le risque est inhérent à l’activité humaine, le risque nul n’existe pas et la sécurité absolue est utopique,
Chacun a sa propre appréciation sur le niveau de risque acceptable, ce qui nous conduit à définir la sécurité comme le risque acceptable par tous,
La prise de risque est toujours justifiée à posteriori : elle ne doit pas être jugée mais comprise,
Le travail réel est toujours différent du travail prescrit.
Le comportement n’est donc que le compromis que chacun fait entre le travail qu’il doit accomplir, les contraintes qu’il subit, ses priorités personnelles, et sa perception du risque.
Il n’y a pas de mauvais comportement intrinsèque. Celui-ci n’est que le résultat de l’environnement technique et managérial dans lequel chacun évolue.
Ne pas avoir compris cela conduit à un clivage entre d’une part la direction et l’encadrement, et d’autre part les opérateurs. Les premiers pensent qu’il faut écrire des modes opératoires et en imposer le strict respect. Les seconds savent que les modes opératoires ne peuvent pas toujours être respectés, qu’ils doivent souvent s’en affranchir pour bien produire, et que la prise de risque devient inévitable.
De ce clivage naissent incompréhensions et antagonisme. L’encadrement ne comprend pas les opérateurs. Il recherche une panacée technico-organisationnelle pour pallier ce qu’il croit être un comportement irréfléchi des opérateurs.
Interrompre ce qui devient un cercle vicieux impose de comprendre que la sécurité est un état de risque accepté.
La difficulté est que chacun a un niveau d’acceptation de risque qui lui est propre et variable selon les circonstances. De plus, si je suis binaire - être ou ne pas être en sécurité - je ne peux établir un dialogue sur le risque acceptable.
C’est pourquoi, il faut passer d’une culture sécurité à une culture du risque.
En premier lieu, il faut admettre que le comportement est un fait légitime, qui se justifie rationnellement. L’opérateur fait un choix implicite mais rationnel selon des priorités qui lui sont propres et ne sont pas celles du système organisé dans lequel il évolue, et peuvent a posteriori avoir un effet contraire à celui prévu par le système, par manque d’observation et de compréhension de ce dernier. La connaissance de ces mécanismes de prise de décision - donc de prise de risque -est la clé de la compréhension du comportement et donc de l’amélioration de la sécurité.
En second lieu, il faut reconnaître que le comportement ne peut pas être normalisé : les initiatives participent à la performance de l’entreprise, et simultanément elles créent le risque d’échec.
Les initiatives (actions) sont la plupart du temps couronnées de succès, mais parfois conduisent à l’échec. Les échecs se partagent comme les réussites.
L’organisation qui ne valorise pas ses échecs est elle-même en potentiel d’échec.
Comment donc utiliser ces constats pour mieux contrôler le mécanisme individuel de prise de risque ?
Il faut tout d’abord faire le constat des facteurs de prise de risque, sur des populations homogènes et des activités définies, en prenant en compte les représentations individuelles et collectives des activités.
Ce constat a pour objet :
De déterminer le niveau de tolérance au risque de tous les acteurs,
D’identifier les outils qui peuvent servir de levier à une évolution comportementale,
De connaître les flux d’information et leur efficacité sur la connaissance des risques réels,
D’identifier des pratiques comportementales, tant au niveau de la direction et de l’encadrement qu’à celui des opérateurs.
Les actions à engager par la suite ont pour objectif l’évolution comportementale :
De la direction :
Comprendre la nature du risque,
Recadrer la politique et les actions en cours.
De l’encadrement :
Comprendre son rôle comportemental,
Adopter de nouvelles méthodes.
Des opérateurs :
Ne plus avoir peur des échecs,
Etre persuadé par l’attitude de la hiérarchie,
Constater des améliorations qualitatives et quantitatives,
Chaque acteur est ainsi amené à comprendre son comportement sur la base de situations réelles internes et externes. La base est l’entrée dans la culture du risque. La connaissance d’un risque à un moment donné est une réussite et non un échec. IL faut travailler sur ce changement de culture. Les flux d’informations sur les risques doivent devenir des indicateurs de performance (mise en place d’indicateurs positifs sur la sécurité : indice de vigilance et indice de mobilisation).
Il faut apprendre aux acteurs à lire le risque, à l’exprimer en le dépassionnant, à le positiver. C’est la clé de la prévention des risques.

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